|
Prière du malade abandonné
Heureux qui pense au pauvre et au faible :
au jour du malheur, Yahvé délivre ;
Yahvé le garde, il lui rend vie et bonheur
sur terre :
Oh ! ne le livre pas à l’appétit de ses
ennemis ;
Yahvé le soutient sur son lit de douleur ;
tu refais tout entière la couche où il
languit.

Mais j’ai dit : « Pitié pour moi, Yahvé !
guéris mon âme car j’ai péché contre
toi ! »
Mes ennemis parlant de moi me malmènent :
« Quand va-t-il mourir et son nom
périr ? »
Vient-on me voir, on dit des paroles en
l’air,
le cœur plein de malice, on déblatère au
dehors.
Tous à l’envi, mes haïsseurs chuchotent
contre moi,
ils supputent contre moi, le malheur qui
est sur moi :
« C’est une plaie d’enfer qui gagne en
lui,
maintenant qu’il s’est couché, il n’y aura
plus de lever. »
Même le confident sur qui je faisais fond
Et qui mangeait mon pain, se hausse à mes
dépens.
Mais toi, Yahvé, pitié pour moi,
fais- moi lever, je les paierai de leur
dû, ces gens :
Par là, je connaîtrai que tu es mon ami,
si l’ennemi ne lance plus contre moi son
cri ;
et moi, que tu soutiens, je resterai
indemne,
tu m’auras à jamais établi devant ta face.
Béni soit Yahvé, le Dieu d’Israël,
Depuis toujours et jusqu’à toujours.
Amen ! Amen !
10 août 2010
Apprends-moi à
sourire

Quelqu’un m’a dit un jour : « donne chaque jour ton sourire,
c’est ton merveilleux cadeau d’Amour,
il ne dure qu’un instant
mais il fait chanter le cœur ».
Seigneur, apprends-moi à sourire comme mon frère chiffonnier
…
Quelle est la source de sa joie ? Pourquoi ce regard
lumineux
chez cet homme immergé dans l’ordure ?
Faut-il être pauvre Seigneur pour savoir sourire ?
Seigneur, apprends-moi à sourire comme l’enfant chiffonnier …
Il chante en dansant sur son tas d’ordures,
il offre à tous ceux qui passent son beau sourire d’enfant.
Pourquoi ce sourire lumineux chez cet enfant immergé dans
l’ordure ?
Faut-il être pauvre, petit Seigneur, pour savoir sourire ?
Mais il est des heures, Seigneur, où mon cœur lourd, blessé,
m’oppresse …
Je ne sais plus sourire. Alors, que puis-je faire Seigneur ?
Sinon écouter la Parole de ton Fils : Venez à moi, vous tous
qui ployez sous le fardeau
et je vous soulagerai »
Quelqu’un m’a dit un jour : « Donne chaque jour ton sourire.
C’est ton merveilleux
cadeau d’Amour »
Sœur Emmanuelle
Quand j’atteindrai l’autre rive
Quand j’atteindrai l’autre rive,
Aurai-je été assez pauvre de cœur pour
avoir eu besoin de toi ?
Aurai-je laissé mes vaines richesses
pour m’ouvrir à ta parole ?
Quand j’atteindrai l’autre rive,
Aurai-je été assez doux et
miséricordieux pour pardonner,
Pour ne pas me venger de celui qui m’a
blessé,
Pour ne pas juger trop vite celui qui
n’est pas comme moi ?
Quand j’atteindrai l’autre rive,
Aurai-je assez pleuré sur le sort d’une
partie de l’humanité ?
Aurai-je été assez persécuté pour la
justice ?
Aurai-je assez tenté d’ajuster notre
monde à ce que Tu attends de lui ?
Aurai-je été insulté pour Te défendre ?
Quand j’atteindrai l’autre rive,
Aurai-je gardé un cœur pur, droit, sans
hypocrisie,
Qui observe ta loi d’amour et qui ne
cherche pas à se sauver sur le dos des autres ?
Quand j’attendrai l’autre rive,
Aurai-je été un instrument de paix,
Pas un artisan de la paix,
Pas seulement quelqu’un qui condamne la
guerre,
Mais qui construit la paix autour de
soi,
Dans la famille, le boulot, le quartier,
le pays ?
Ferai-je partie du cortège des saints ?
Aurai-je part à ton royaume ?
La question est ouverte.
D’autre part, je ne me sens pas
encore saint,
Pas encore prêt,
Trop loin encore de ce programme que Tu
m’as fixé,
Mais d’autre part je connais ta bonté,
Je sais que Tu nous veux tous avec toi
Et je Te prie.
La vie devant moi est encore longue,
Ou courte, je ne sais pas,
Mais tu peux me donner ton aide
Pour être un peu plus pauvre, doux,
pacifique, pur, miséricordieux ?
Bref, j’ai besoin de Toi,
Ajuste-moi à tes vues.
Soutiens mes efforts.
Si Tu entres dans ma vie dès
aujourd’hui,
Je sais que mes chances seront plus
grandes
D’habiter un jour avec Toi.
(Prière de
Toussaint sur le texte des Béatitudes (Mat 5, 1-12))
11 novembre 2009
LA VIERGE A MIDI
Il est midi.
Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas
prier.
Je n’ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous
regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir
cela
que je suis votre fils et que vous
êtes-là.
Rien que pour un moment pendant que tout
s’arrête.
Midi !
Etre avec vous, Marie, en ce lieu où vous
êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
laisser le cœur chanter dans son propre
langage. (…)
Parce que vous êtes belle,
parce que vous êtes immaculée,
la Femme dans la grâce enfin restituée,
la créature dans son honneur premier
et dans son épanouissement final,
telle qu’elle est sortie de Dieu
au matin de sa splendeur originale. (…)
Parce que vous êtes la femme,
l’Eden de l’ancienne tendresse oubliée,
dont le regard trouve le cœur tout à coup
et fait jaillir les larmes accumulées. (…)
Parce qu’il est midi, parce que nous
sommes
en ce jour d’aujourd’hui,
parce que vous êtes toujours là pour
toujours,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Paul Claudel (1868-1955)
septembre 2009
L'homme existe,
je l'ai rencontré !
J'ai lu
quelque part : "Dieu existe, je l'ai rencontré !"
Ça alors ! Ça m'étonne !
Que Dieu existe, la question ne se pose pas !
Mais que quelqu'un l'ai rencontré avant moi, voilà qui me
surprend !
Parce que j'ai eu le privilège de rencontrer Dieu juste à un
moment où je doutais de lui !
Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes, il n'y
avait plus personne.
Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais
quel instinct, je suis entré...
Et, là, j'ai été ébloui... par une lumière intense...
insoutenable !
C'était Dieu... Dieu en personne, Dieu qui priait !
Je me suis dit : "Qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même ?
Pas lui ? Pas Dieu !"
Non ! Il priait l'homme ! Il me priait, moi ! Il doutait de moi
comme j'avais douté de lui !
Il disait : - Ô homme ! si tu existes, un signe de toi !
J'ai dit : - Mon Dieu, je suis là !
Il a dit : - Miracle ! Une humaine apparition !
Je lui ai dit : - Mais mon Dieu... comment pouvez-vous douter de
l'existence de l'homme, puisque c'est vous qui l'avez créé ?
Il m'a dit : - Oui... mais il y a si longtemps que je n'en ai
pas vu un dans mon église... que je me demandais si ce n'était
pas une vue de l'esprit !
Je lui ai dit : - Vous voilà rassuré, mon Dieu !
Il m'a dit : - Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut :
"L'homme existe, je l'ai rencontré !"
Raymond
Devos, "Matière à rire", L'intégrale, Editions Olivier Orban,
Paris, 1991
22 juin 2009

CHRIST
TU ES …….
Loué sois-tu
toi le Dieu
qui, comme le
dit Paul,
subvient
magnifiquement à tous nos besoins
selon sa
richesse dans le Christ Jésus.
Christ, tu es
le souffle invisible
de la fête
visible,
le verbe secret
sans cesse
entrain de naître.
A toi la
gloire.
Christ tu es
l’avent libre,
un chemin qui
respire,
qui ouvre la
traversée,
qui traverse la
nuit et la mort.
Christ tu es
l’enfant qui danse
en terre
nouvelle
amour du désert
qui brûle.
Christ tu es le
levain du monde,
terre
promise de tout chant,
pays de lumière,
pain d’éternité.
Gloire à Dieu,
dans l’esprit,
pour son Fils.
Texte de J.P.
27
décembre 2008
« Ce qui est
intéressant dans la chandelle, ce n’est pas la cire, ni la mèche, c’est
la flamme.
Que la chandelle
soit neuve, ou qu’elle arrive sur sa fin, la flamme est la même, elle
produit
autant de chaleur,
autant de lumière. »
Pierre
Guillet, l’aventure de l’âge.
|