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C’est
à Breslau, en Silésie, (aujourd’hui Wroclaw en Pologne) que
naquit Edith Stein le 12 octobre 1891, le jour du Grand Pardon.
Edith était la benjamine de 11 enfants d’une famille de
Juifs, commerçants de bois. Son père mourut brutalement alors
qu’Edith avait à peine un an et demi.
Madame
Stein était une femme courageuse et énergique. Après la mort
de son mari, elle devint le pivot de sa grande famille. Elle
reprit l’affaire endettée de son mari, la redressa et la
dirigea avec succès. Son exemple marqua profondément Edith.
Edith
était une enfant sensible et douée. Malgré son
hypersensibilité, elle avait déjà du haut de ses trois ans,
une forte personnalité et une grande fermeté de caractère.
Ainsi, une amie raconte que, n’ayant pu honorer un rendez-vous
avec Edith, celle-ci lui avait déclaré "Celui qui
ment une fois, on ne lui fait plus jamais confiance. »
Outre la fermeté de son caractère, Edith montra très vite une
soif ardente de savoir et de grandes ambitions. Très tôt, elle
avait, dit-elle, pressenti qu’elle était destinée à
quelque grand avenir, sans d’ailleurs savoir lequel.
A l’école
ses résultats étaient brillants. Mais, vers l’âge de 14
ans, Edith traversa une grave crise d’adolescence et refusa de
continuer ses études. Sa mère compréhensive l’envoya aider
sa sœur aînée à Hambourg dans les différentes tâches de la
maison. C’est à partir de cette époque qu’Edith se
déclara athée.
Au
bout d’un an cependant, Edith manifesta le souhait de rentrer
au bercail et de reprendre sa scolarité pour pouvoir se
présenter au baccalauréat et étudier ensuite. En 1908, Edith
réintégra le lycée Victoria. Trois ans plus tard, en 1911,
elle était brillamment reçue au baccalauréat. Son directeur
déclara, non sans humour, lors de la remise des prix "
frappez sur la pierre (Stein en allemand), la sagesse en
jaillira. »
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En 1911, Edith
obtint l’autorisation rarement accordée à une femme,
d’entreprendre des études à l’université de Breslau, dans
le domaine de la psychologie et en histoire et en lettres.
Déçue
par les études en psychologie (science qui était à ses
balbutiements à cette époque) elle s’inscrivit en 1913, en
philosophie et en phénoménologie à l’université de
Guttingen sous l’autorité du professeur réputé :
Edmund Husserl.
Mais
la 1ère guerre mondiale éclata.
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Edith considéra
comme son devoir d’interrompre ses études et de s’engager,
en 1915, comme infirmière à la Croix-Rouge. Elle fut envoyée
à l’hôpital des contagieux à Mährisch-Weisskirchen où
elle se fit très vite remarquer par sa disponibilité et son dévouement.
Comme
les infirmières étaient en surnombre, elle décida de
continuer ses études à Fribourg en Brisgau où son professeur
Husserl avait une chair d’université. En août 1916, elle
obtint son diplôme avec la mention " summa cum laude ".Elle
devint l’adjointe du professeur Husserl.
Par le
biais de la phénoménologie, Edith avait déjà confronté à
la question de la foi. De nombreux disciples de Husserl s’étaient
convertis; Edith découvrait un monde qu’elle ignorait
totalement. C’est durant l’été 1921, qu’elle reçut
l’illumination définitive. En octobre 0921, se trouvant chez
une amie à Bad-Bergzabern, un soir, elle prit dans la bibliothèque
un livre des écrits de sainte Thérèse d’Avila. La lecture
l’absorba tellement qu’elle lut toute la nuit et lorsque, à
l’aube, elle ferma le livre, elle s’écria " Voilà
la vérité ! "» Cette vérité qu’elle
cherchait si ardemment, avait un visage et un nom :
Jésus-Christ !
Elle reçut le baptême le 1er janvier 1922. Pour
elle, être baptisée, ne signifiait pas renier ses racines juifs, mais au contraire les redécouvrir. Elle fut confirmée
le 2 février 1922 à Spire, dans la chapelle de l’évêque.
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Malgré son désir d’entrer aussitôt après son baptême
dans l’ordre des Carmélites, Edith Stein obéit à ses
directeurs spirituels qui étaient d’avis qu’elle devait
mettre ses talents au service de Dieu en s’engageant
professionnellement. Elle devint professeur à l’école des
Dominicaines à Spire.
C’est
là qu’elle comprit à quel point la formation des jeunes
filles en Allemagne correspondait peu aux exigences de l’époque
et qu’elle conçut des
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| projets de réforme.
Durant
ses études, elle avait déjà commencé à réfléchir sur la
situation de la femme et avait adhéré à « L’association
prussienne pour le vote des femmes », en majorité
socialiste. A Spire, tour à tour enseignante auprès des jeunes
filles et conférencière, Edith Stein élabora des méthodes
d’éducation pour intégrer davantage et mieux la femme dans
la société moderne. Lors de ses nombreuses conférences, elle
aborda des sujets variés touchant à des situations humaines
bien concrètes de la femme : sa place dans la société et
dans l’église, comment concilier vie de travail et vie
familiale, « son devoir selon la nature et la grâce »,
et par-dessus tout, sa vocation à l’amour. La conférence
qu’elle prononça à Salzbourg en 1930, lors de la session
d’automne de l’Union académique catholique sur « l’éthique
des carrières féminines » eut un écho retentissant,
comme de nombreux colloques et interventions qu’elle fit.
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