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1938,
où les nazis
commirent des atrocités contre les Juifs, Edith ressentit
douloureusement la persécution de son peuple comme un mouvement
de haine des nationaux-socialistes contre le Christ.
Fin
1938, sentant qu’elle ne pouvait pas mettre le carmel de
Cologne plus longtemps en danger, Edith accepta avec
reconnaissance l’invitation à se réfugier au carmel
d’Echt, en Hollande. Avant de partir, elle se rendit
dans l’ancienne chapelle du carmel, située dans la
Schnurgasse, pour invoquer Marie, Reine de la Paix.
Sa sœur
Rosa, convertie à son tour au catholicisme, l’y rejoignit un
an plus tard. Rosa avait été la seule de la famille Stein à
suivre sa sœur dans sa conversion au catholicisme. Elle reçut
le baptême en 1936 à Cologne.
Eu égard
à la précarité de la situation politique, les supérieurs
n’osaient pas admettre officiellement Edith et Rosa et cela
accrut son sentiment d’insécurité. La situation ne cessait
de s’aggraver, en Hollande également, bien que le 26 juillet
1942, les évêques hollandais aient pris position dans une
lettre pastorale.
Edith
entreprit des démarches pour être admise avec sa sœur Rosa au
carmel du Pâquier en Suisse mais, compte tenu de la lenteur
administrative, il fut impossible de s’y rendre pour s’y réfugier.
Présentant
que le pire arriverait en Europe avec la seconde guerre
mondiale, Edith se préparait à sacrifier sa vie pour ses frères
et sœurs. Dans son testament, elle écrivait déjà : "Dès
à présent j’accepte avec joie la mort que Dieu m’a destinée,
dans une parfaite soumission à sa très sainte volonté.. »
Le 2 août 1942, deux officiers S.S. survinrent au carmel
de Echt. Ils ordonnèrent à Edith d’ouvrir les grilles du
parloir et de quitter le couvent avec eux dans les cinq minutes.
Des Hollandais indignés se rassemblèrent devant la porte.
Lorsque Edith quitta la maison, une personne l’entendit dire
à sa sœur : "Viens, nous allons pour notre
peuple." »
En ce jour,
242 juifs catholiques furent en effet déportés enguise de représailles
au message des évêques hollandais. Le 2 août 1942 était le
lendemain d’une fête qu’Edith affectionnait particulièrement,
celle de saint Pierre »ad vincula » (dans les chaînes).
Edith
fut emmenée au camp de Westerbork au Nord de la Hollande. Fidèle
à elle-même, sa force, son attitude sereine et calme
tranchaient nettement avec la peur des autres prisonniers, comme
le remarquèrent les autres détenus.
« Edith
Stein tranchait nettement sur l’ensemble par son comportement
paisible et son attitude calme. Les cris, les plaintes, l’état
de surexcitation angoissée des nouveaux venus étaient
indescriptibles ! Edith allait parmi les femmes comme un
ange de consolation, apaisant les unes, soignant les autres.
Beaucoup de mères paraissaient tombées dans une sorte de
prostration, voisine de la folie : elles restaient là à gémir,
comme hébétées, délaissant leurs enfants. Edith s’occupa
aussitôt des petits enfants, elle les lava, les peigna, leur
procura la nourriture et les soins indispensables. »
(témoignage de M. Marcan dans W. Herbstrith)
C’est avec une grande force intérieure, devenue entièrement
prière, qu’Edith Stein monta dans le train de la mort qui la
conduisit, les 7 et 8 août 1942, au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau
(Pologne). Selon toute probabilité, Edith et sa sœur Rosa
furent gazées immédiatement après leur arrivée, le 9 août
1942.
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