Sainte Edith Stein    

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SAINTE EDITH STEIN PATRONNE DE LA COMMUNAUTE DE PAROISSES 

 
 

  

Ne parvenant pas à se faire habiliter pour obtenir une chair de professeur dans les universités de Göttingen, Fribourg, Kiel ou Breslau, les femmes n’ayant pas le droit à l’époque d’y accéder, Edith ressentit cet échec comme un coup dur et un grand sacrifice. Elle accepta en 1932 un poste d’enseignante à l’Institut allemand de pédagogie scientifique à Münster. Mais un an plus tard, Edith perdit son poste en raison des mesures prises par les nazis à l’encontre de la population non-aryenne. Elle refusa une proposition pour l’Amérique du Sud et se sentit désormais libre de réaliser son désir d’entrer au carmel.  

Elle entra le 14 octobre 1933 au carmel de Cologne-Lindenth l. Enfin parvenue dans sa patrie spirituelle, elle éprouva la joie et l’apaisement de celui qui arrive en terre promise.

   

Le carmel constituait à ses yeux le meilleur moyen de parvenir au détachement de soi et, par-là, le moyen d’être présente au monde entier par la prière. Elle prit l’habit des carmélites, le 15 avril 1934. Ce fut une grande cérémonie. Edit reçut le nom de sœur Teresia Benedicta a cruce, Thérèse bénie par la croix. Elle fit profession perpétuelle le 21 avril 1938.

Elle continua son travail intellectuel et écrivit de gros livres de philosophie qui ne furent publiés qu’après la guerre et qui commencent seulement à être sérieusement étudiés.  

                     

Malgré le silence et la clôture du carmel, Edit suivait avec indignation les événements de son temps et la montée du nazisme. Une discussion avec uns amie enseignante lui ouvrit les yeux sur l’ampleur qu’avait prise la persécution des Juifs. Elle voulut à son tour entreprendre une action pour la défense de son peuple. Elle adressa une lettre à Pie XI et continuait à espérer qu’une encyclopédie produirait un changement. Pour réponse, elle reçut une bénédiction pour elle et sa famille.

En effet, la situation des Juifs devenait de plus en plus critique.  La nuit de Cristal, le 9 novembre 

 

1938, où les nazis commirent des atrocités contre les Juifs, Edith ressentit douloureusement la persécution de son peuple comme un mouvement de haine des nationaux-socialistes contre le Christ.

Fin 1938, sentant qu’elle ne pouvait pas mettre le carmel de Cologne plus longtemps en danger, Edith accepta avec reconnaissance l’invitation à se réfugier au carmel  d’Echt, en Hollande. Avant de partir, elle se rendit dans l’ancienne chapelle du carmel, située dans la Schnurgasse, pour invoquer Marie, Reine de la Paix.

Sa sœur Rosa, convertie à son tour au catholicisme, l’y rejoignit un an plus tard. Rosa avait été la seule de la famille Stein à suivre sa sœur dans sa conversion au catholicisme. Elle reçut le baptême en 1936 à Cologne.

Eu égard à la précarité de la situation politique, les supérieurs n’osaient pas admettre officiellement Edith et Rosa et cela accrut son sentiment d’insécurité. La situation ne cessait de s’aggraver, en Hollande également, bien que le 26 juillet 1942, les évêques hollandais aient pris position dans une lettre pastorale.

Edith entreprit des démarches pour être admise avec sa sœur Rosa au carmel du Pâquier en Suisse mais, compte tenu de la lenteur administrative, il fut impossible de s’y rendre pour s’y réfugier.

Présentant que le pire arriverait en Europe avec la seconde guerre mondiale, Edith se préparait à sacrifier sa vie pour ses frères et sœurs. Dans son testament, elle écrivait déjà : "Dès à présent j’accepte avec joie la mort que Dieu m’a destinée, dans une parfaite soumission à sa très sainte volonté.. »

Le 2 août 1942, deux officiers S.S. survinrent au carmel de Echt. Ils ordonnèrent à Edith d’ouvrir les grilles du parloir et de quitter le couvent avec eux dans les cinq minutes. Des Hollandais indignés se rassemblèrent devant la porte. Lorsque Edith quitta la maison, une personne l’entendit dire à sa sœur : "Viens, nous allons pour notre peuple." »

 

En ce jour, 242 juifs catholiques furent en effet déportés enguise de représailles au message des évêques hollandais. Le 2 août 1942 était le lendemain d’une fête qu’Edith affectionnait particulièrement, celle de saint Pierre »ad vincula » (dans les chaînes).

Edith fut emmenée au camp de Westerbork au Nord de la Hollande. Fidèle à elle-même, sa force, son attitude sereine et calme tranchaient nettement avec la peur des autres prisonniers, comme le remarquèrent les autres détenus.

« Edith Stein tranchait nettement sur l’ensemble par son comportement paisible et son attitude calme. Les cris, les plaintes, l’état de surexcitation angoissée des nouveaux venus étaient indescriptibles ! Edith allait parmi les femmes comme un ange de consolation, apaisant les unes, soignant les autres. Beaucoup de mères paraissaient tombées dans une sorte de prostration, voisine de la folie : elles restaient là à gémir, comme hébétées, délaissant leurs enfants. Edith s’occupa aussitôt des petits enfants, elle les lava, les peigna, leur procura la nourriture et les soins indispensables. »

                                             (témoignage de M. Marcan dans W. Herbstrith)  

C’est avec une grande force intérieure, devenue entièrement prière, qu’Edith Stein monta dans le train de la mort qui la conduisit, les 7 et 8 août 1942, au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau (Pologne). Selon toute probabilité, Edith et sa sœur Rosa furent gazées immédiatement après leur arrivée, le 9 août 1942.  

 

 

 

Rapidement, on réalisa que l’Allemagne avait en la personne d’Edith une de ses plus grandes figures féminines et que l’on n’avait pas le droit d’oublier sa vie et sa mort. C’est pourquoi des statues, des plaques commémoratives sur les lieux où elle a vécu rappellent sa mémoire. Des écoles et des instituts, des bibliothèques, des foyers de mères et d’étudiantes, des jardins d’enfants, des centres communautaires et des rues portent son nom. C’est dans la ville universitaire de Tübingen que fut fondé en 1978 le premier carmel Edith-Stein. Dans cette ville où l’on aime et pratique l’exégèse théologique, il était bon de créer un lieu de prières et de méditation.

En 1962 fut ouverte la procédure de béatification d’Edith. Le 1er mai 1987, le pape Jean-Paul II la béatifia à Cologne. Elle sera canonisée en 1997.

                        « Conformément à l’avis donné par la congrégation en vue de la béatification, nous donnons notre accord, en vertu de notre autorité apostolique, pour que la servante de Dieu –Teresia Benedicta de la Croix – Edith Stein – soit désormais qualifiée de sainte. Sa mémoire pourra être honorée chaque année, le 9 août, en tous lieux et selon toutes les manières indiquées par les prescriptions. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. » (Jean-Paul II)

 

Parmi les 70 000 personnes présentes à la cérémonie de béatification qui se déroula dans le stade de Müngerdorf, à Cologne, 28 proches parents d’Edith avaient accepté l’invitation du cardinal Höffner.

En l’an 2000 elle fut déclarée patronne de l’Europe avec Brigitte de Suède et Catherine de Sienne.

   

                                 Extraits du livre « Edith Stein, la folie de la croix de Waltraud Herbstrith  

 

 

                

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