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Intervention de Veronica
Merci d'être venu m'entendre
parler de mon expérience.
44 partenaires sont en France
pour le Carême, dont 8 du Nicaragua.
1. Le Nicaragua
Il y a 5,6 millions
d'habitants. C'est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique
Centrale.
Éducation : Il y a une
loi d'éducation gratuite qui dit que les enfants ont automatiquement
accès à une forme d'éducation, mais ça n'est
pas toujours le cas à cause des difficultés financières, surtout
pour l'entrée à l'université où la plupart sont payantes et très
chères. Il y a peu d'universités publiques, donc beaucoup ne peuvent
pas y aller en raison des difficultés financières. Certains
travaillent la semaine et étudient le week-end.
Travail : c'est
difficile de trouver un emploi au Nicaragua. L'alternative est
d'aller dans les "maquillas" : zones franches de l'industrie
textile où s'installent des multinationales venant de Corée, du
Japon, de Chine, des USA, qui sont dispensées d'impôts pendant les
10 premières années.
Les ouvriers n'ont pas
d'équipement de protection, d'où des problèmes de santé : de
nombreuses maladies respiratoires, de l'arthrite, des
phlébites.
Crédits : La plupart
des consommateurs n'ont pas accès au crédit. Ici, j'ai vu qu'il y
avait un soutien financier aux agriculteurs. Pas au Nicaragua. Les
plus grandes exploitations sont à de grands propriétaires.
Santé : on dit que
tout le monde a accès aux soins, mais en fait, ce sont seulement
ceux qui ont un emploi.
Il y a des centres
sanitaires, mais on ne fournit pas tous les médicaments.
Il y a des centres spécialisés pour
le cancer et pour les enfants.
Politique
: le président est Daniel Ortega, arrivé au pouvoir après deux
gouvernements néo-libéraux.
Le projet du gouvernement, en
coordination avec les municipalités locales,
- "moi, oui, je le peux"
- "suppression de la faim partout
dans le pays" Pour cela, on fournit aux gens poules, cochons,
vaches, semences. Avec ces activités, on vient en aide aux familles,
gratuitement pour les femmes.
- "Taux zéro" : crédits à
taux zéro
III. Questions-Réponses
Q1 : Combien y
a-t-il de salariés et de bénévoles à Cantera ?
R1 : 32
salariés et 400 volontaires, dans plusieurs municipalités : Managua,
Rivas… A Managua, il y a deux grands quartiers où il est très
difficile de travailler. Il y a aussi 2 municipalités semi-rurales
et 18 rurales. Dans chaque communauté, il y a 40 à 50 familles, mais
dispersées au sein de la communauté.
Dans une ville
de 5000 habitants, il y a un établissement avec activités
socioculturelles (danse, dessin, guitare, relations entre organismes
municipaux et gouvernement)
Dans le cadre
du 20ème anniversaire de Cantera, des manifestations sont
organisées pour les salariés et tous les volontaires hommes et
femmes, dans tout le territoire.
Q2 : Y a-t-il des
problèmes de délinquance et drogue ?
R2 : C'est le
problème n° 1 au Nicaragua. Il y a des quartiers plus vulnérables
que d'autres.
Des actions
sont menées par Cantera dans les quartiers difficiles minés par la
drogue. Pour y remédier, on travaille avec les jeunes et avec la
police pour éradiquer la drogue de ce quartier.
Un autre
organisme "Remar" construit de centres de désintoxication et de
réinsertion. Avec les gouvernements néolibéraux, la police
n'essayait pas d'arrêter le trafic de drogue dans le pays.
Ensuite, une
ancienne religieuse est devenue ministre de l'intérieur et a eu le
courage de prendre le problème à la base : pas se contenter
d'arrêter la circulation des produits, mais stopper le trafic à la
base. Elle est très sympa et engagée, mais menacée par les
narcotrafiquants et obligée d'avoir une garde rapprochée.
Témoignage et Q3 :
Pourquoi la drogue prend elle une telle ampleur ? On a soutenu une
coopérative de 15 familles, mais elle ne pourra jamais nourrir tous
les enfants : jusqu'à 7 par famille ! Alors ils vont en ville et
dans ces quartiers. En 84, ils étaient 3 millions et maintenant 6
millions. Ça a doublé en 25 ans. On y est allé avec des "brigades de
la paix" On a fait des écoles et des conduites d'eau, mais la
démographie est trop galopante. Que penser de la loi contre
l'avortement thérapeutique ? Il y a des jeunes mères de 15 ans en
grand danger.
R3 : Merci
pour votre travail. Plusieurs organisations travaillent sur place.
- L'eau, c'est
un problème grave, surtout dans les zones rurales. C'est très cher
de construire des puits profonds.
- Pour
l'avortement, il est totalement interdit, ce qui entraîne des
problèmes pour les femmes et pour les médecins. Il y a de nombreuses
manifestations contre cette loi.
Q4 : Y a-t-il de
l'info et des moyens de contraception ?
R4 : beaucoup
d'organisations travaillent sur l'éducation sexuelle et la promotion
des moyens de contraception. Les campagnes ne sont pas toujours
efficaces. Les femmes et les jeunes filles ne font pas appel au
planning familial. L'éducation sexuelle ne se fait pas à l'école,
mais par des organisations. Elle reste un sujet très tabou au
Nicaragua.
Q5 : Le comité
Nicaragua a un projet sur une "Casa materna" devenue "Casa social"
pour soutenir les jeunes mères, avec suivi pré et post-natal,
contraception. Pendant la révolution sandiniste, les droits des
femmes ont explosé et il n'y avait pas plus de 4 enfants par femme.
Avec le retour des libéraux, il y a de nouveau 5, 6,7 enfants. Qu'a
fait Ortega depuis qu'il est au pouvoir ?
R5 : Il y a
beaucoup de discussions entre le gouvernement d'Ortega et les
organisations de femmes pour ce qui concerne la santé et la
contraception. La fille de la femme d'Ortega a été violée, ça a
suscité des scissions dans les organisations de femmes à ce sujet.
Ca a affecté leur travail, avec des conséquences positives et
négatives. Le réseau des femmes contres la violence s'est beaucoup
occupé de ce problème. On invite les femmes à porter plainte, avec
le soutien des organisations, mais il faut beaucoup de courage pour
dire qu'on a subi des violences. Elles disent que si même la fille
du président a des problèmes en se plaignant, ce n'est pas la peine
qu'elles, elles essaient. Pour aider les femmes, les seules sont
celles qui sont dans des organisations. Qui reçoit les plaintes ?
Maintenant, il y a un commissariat de femmes pour ça. Avant c'était
des hommes.
Q6 : Quelle est la
place des militants au niveau municipal et politique ? Et quelle est
la part d'implication du gouvernement et des politiques ?
R6 :
l'association Cantera travaille sur l'éducation civique, la
citoyenneté.
- Des comités
sont mis en place au niveau des municipalités. Des propositions sont
faites aux conseils municipaux.
- Pour les
jeunes, il y a des conseils de la jeunesse. On veut qu'une loi passe
au niveau national pour leur donner un budget pour qu'ils puissent
travailler.
- On développe
un réseau de développement local qui travaille dans différents
territoires pour faire passer des idées à l'ensemble de la société.
- C'est plus
difficile de s'attaquer au gouvernement, alors on part de la base et
on essaie de faire évoluer avec la pression sociale : l'union fait
la force !
Q7 : Chômage ? Que
font les jeunes qui ne vont pas à l'université ? Comment
s'insèrent-ils dans la société ?
R7 : Il y a
beaucoup de chômage. Ceux qui travaillent, c'est dans les zones
franches. Les autres font des petits boulots (marché, vente dans les
rues, jardinage).
Il y a aussi
beaucoup d'immigration vers le Costa Rica (tâches domestiques pour
les femmes, agricole et bâtiment pour les hommes), et aussi en
Espagne et aux USA où beaucoup ont des parents.
Q8 : Y a-t-il une
aide des Eglises ?
R8 : question
difficile ! La hiérarchie catholique ne participe pas aux activités
des organisations. Le seul problème où elle s'est investie est celui
de l'avortement. C'est dans les communautés de base qu'il y a
participation aux organisations et communication. Don Bosco
proposent un apprentissage technique aux jeunes.
Q9 :
Qu'entendez-vous par "spiritualité" ?
R9 : C'est
difficile à aborder avec les jeunes. Un groupe de religieux utilise
des textes bibliques pour travailler avec les jeunes. Ces thèmes
sont abordés en fin d'année, pendant des retraites spirituelles. Il
y a aussi des relations avec la nature, la terre, l'amour.
Q10 : Avez-vous
des problèmes de sectes, d'évangélistes ?
R10 :
il y a beaucoup de sectes. Je ne sais pas si toutes viennent des
USA. Les "Saints des derniers jours" ont des grands bâtiments et
beaucoup d'argent.
Q11 : Le CCFD
soutient un projet de la JOC. Est-elle considérée comme un mouvement
de réflexion ou d'action ?
R11 : même si
on trouve "chrétien" dans le nom, elle essaie d'avoir surtout une
influence politique. Elle travaille avec les jeunes et ceux qui
travaillent dans les maquillas. Je ne connais pas précisément son
travail, mais quand un mouvement est "chrétien", c'est l'aide au
prochain qui compte.
Q12 : pouvez-vous
nous parler des maquillas ?
R12 : ce sont
de grandes entreprises textiles des zones franches, multinationales
de Chine, Thaïlande, Corée, Japon, USA qui s'installent parce
qu'elles ne paient pas d'impôts pendant 10 ans. Après, elles
changent de zone ou de nom.
- Elles font
travailler les gens de 7h à 17h (parfois plus s'il y a des
contraintes de productivité, mais pas payé !)
- Quelques
femmes essaient de dénoncer ces pratiques auprès du ministère du
travail. Quand il y a des contrôles, on a déjà écarté les personnes
qui ont dénoncé. Elles ne peuvent plus trouver de travail dans une
autre maquilla.
Q13 : Y a-t-il des
syndicats ?
R13 :
C'est possible d'en créer, mais ils ne peuvent pas fonctionner
pendant les heures de travail. Une association d'avocates "Maria
Helena Quadra" essaie de faire un suivi légal pour mener les
dénonciations à terme.
Q14 : Ces
implantations dans les zones franches sont-elles des décisions
politiques ?
R14 (dans
la salle) : il faut différencier transnationales et multinationales.
Les transnationales traversent différents pays, quelle que soit leur
politique. Elles apportent de l'emploi et s'il y a chantage, elles
vont ailleurs.
R14 (Veronica)
: il ne peut y avoir de loi locale. C'est l'OMC qui décide et les
petits pays trinquent de ces situations
R14 (dans
la salle) : sauf que nous, on a des syndicats de travailleurs !
Q15 : Pourquoi le
gouvernement ne s'y est-il pas opposé ?
R15 : parce
qu'il n'y a pas d'autre possibilité de travail et pour rembourser la
dette.
Q16 : Comme ils
s'en vont après 10 ans sans payer d'impôts, comment cela permet-il
de rembourser la dette ?
R16
(question mal comprise ???) : c'est un problème d'injustice
sociale créé par ces maquillas. Il faut faire entendre la voix du
peuple par une pression sociale.
Q17 : Quel est le
statut de la terre ?
R17: la
plupart des producteurs sont propriétaires de leur terrain. Dans les
années 80, il y a eu beaucoup de coopératives créées, mais sans
passer par le processus légal pour obtenir des droits de propriété.
Le problème existe même dans les villes.
Q18 : Quel est le
pourcentage de petites et grandes exploitations ?
R18 : je ne
connais pas les chiffres. La plupart (les plus fertiles) sont entre
les mains des latifundios. Les petits ont les terrains les moins
fertiles
Q19 : Quel est le
pourcentage d'enfants qui vont à l'école et d'enfants qui
travaillent ?
R 19 : L'école
est gratuite suivant la loi, mais beaucoup travaillent. Des 10/15
ans nettoient les voitures aux feux rouges ou vont récupérer des
fruits au marché pour les revendre. L'association vient en aide aux
enfants qui travaille et les incite à abandonner leur activité pour
aller à l'école. Je ne sais pas le pourcentage, mais je répondrai
par mail après mon retour pour les chiffres et pour d'autres
questions. Un groupe du CCFD ira aussi sur place
Denis : en
août 2008, 20 d'Alsace-Lorraine dont 2 du Haut-Rhin, de mouvements
de jeunes. Ils feront une conférence à leur retour.
Veronica :
Merci pour votre soutien, car chez nous 70% vit avec moins de 2$ par
jour
Q20 :
Qu'attendez-vous de nous en dehors de l'aide financière, et que
pouvons-nous dire de votre part dans nos animations en paroisse ?
R20 : "L'être
humain avant tour. Il faut les former pour qu'ils puissent débattre,
se défendre, avoir foi dans ce qu'ils f ont. Le développement humain
et la promotion de toute la population, c'est le but de Cantera
Résumé réalisé par l’équipe CCFD de Bollwiller
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